Uranium : le scandale de la France contaminée

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En toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité immédiate des villages ou des villes, des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines années.

Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants… Sans aucune mise en garde sur les risques encourus !

Car entre 1945 et 2001, la France a exploité 210 mines d’uranium sur son territoire. Elles ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs qui ont été abandonnés sans mesure de protection ou de surveillance particulière.

Qui sont les responsables ? Pourquoi ceux qui ont tenté de donner l’alerte n’ont-ils jamais été écoutés ? Pourquoi l’Etat n’a-t-il pas alerté les riverains ? Les populations sont-elles en danger ?

Elise Lucet et l’équipe de Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce scandale, au coeur des campagnes et des villes françaises.

La fédération France Nature Environnement (FNE) indique que cette émission “a fait l’objet d’une saisine du CSA par AREVA qui voulait la censurer”…

Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 1



Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 2




Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 3



Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 4



Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 5



Uranium : le scandale de la France contaminée – partie 6




Le site de l’émission et du reportage

Le site du réseau “Sortir du nucléaire”

La carte du programme MIMAUSA des Mines d’uranium (attention, ce ne sont pas les sites d’enfouissement, mais les sites d’extraction minière…)

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La French Africa Par : Y.Mérabet
L’actuelle crise Franco-nigériane dévoile que le problème du Sahara Occidental est lié purement et simplement une affaire d’uranium. Le feu roi Hassan II du Maroc en savait plus.

C’était déjà, au début de l’année 1981, que le spécial uranium de la Gazette Nucléaire (N° 41/42) révélait une lettre d’un conseiller de la CEE en Afrique qui montrait l’état d’ignorance quasi complet du président du Niger de l’époque sur les causes de la crise du marché de l’uranium et donc de la baisse de la rente versée à l’État nigérien. De cette ignorance, les dirigeants nigériens sont en grande partie responsables, pour ne pas s’être donné les moyens de contrôler le marché de cette substance et même de ne pas s’avoir son utilisation et maitriser sa destination. Mais cette ignorance était voulue et bien acceptée par les responsables français. En témoigne le compte rendu de la déclaration de M. Taranger, ex-directeur de production du CEA (Centre de l’Energie Atomique), à la rencontre internationale des producteurs d’uranium, à Paris, les 20 et 21 avril 1968, rencontre qui devait aboutir à la création du Cartel de l’Uranium.
Au sujet de l’attribution des quotas pour la France, «M. Taranger, parlant pour URANEX, dit: « (…) Les officiels nigériens ont écrit aux autorités françaises pour obtenir une capacité de production supplémentaire d’uranium nigérien de 1.000 tonnes par an à partir de 1974. Les Français ont accepté avec regret, mais vont essayer de reporter d’un an la mise en production pour des motifs techniques.» Puis, constatant un certain nombre de désaccords entre producteurs d’uranium (résolus par la suite), «M. Taranger hésitait à accepter la poursuite de nouvelles rencontres (… entre producteurs d¹uranium), signalant qu’il y avait un danger de voir le nombre des parties prenantes proliférer. Jusqu’ici, les Français avaient réussi à exclure les représentants du Niger et du Gabon, mais il n’était pas certain que cette position pourrait être maintenue». Par la suite, le Cartel est ancré, les productions du Niger et du Gabon apparurent sous la dénomination de «French Africa» dans les documents internes de cette organisation. Dans le même temps, le gouvernement français a eu une politique militaire réaliste: il concentre ses efforts sur les forces d’intervention extérieures destinées à protéger les zones d’approvisionnement africaines.
Le Niger, où se trouve l’essentiel de des intérêts miniers français, est doté d’une armée de 3500 hommes: 2800 dans l’armée de terre, 400 déguisés sous forme de coopérants techniques pouvant rejoindre les casernes à tout moment, 120 dans l’armée de l’air (8 avions de chasse et 6 hélicoptères pour la surveillance), sans char. Trois puissants voisins à surveiller qui peuvent rendre amères les relations passionnelles entre le Gouvernent Nigérien et la France: la Libye, dont les ambitions territoriales sont connues, dispose d’une grande armée; le Nigéria, qui lorgne aussi vers le Niger, a la plus grande armée d’Afrique; l’Algérie, leadership du continent africain et qui trace son axe de développement vers l’Afrique noire par le Niger.
Il s’agit pour la France de protéger non seulement le Niger ou elle puise l’essentiel de ses ressources énergétiques, mais aussi d’espionner les pays qui l’entourent, afin de détecter toute menace de déstabilisation qui pourrait avoir des effets communicatifs et nuisibles aux intérêts politico-économiques français. D’autre part, l’expansion des programmes nucléaires nécessitera l’exploitation d’un nombre de plus en plus grand de gisements. Il est donc nécessaire de protéger les découvertes minières des diverses sociétés françaises: ainsi en est-il des intérêts des producteurs au Sahara occidental et au Maroc, aux zones de prospection de Total, PUK en Mauritanie, de celles de la COGEMA au Mali et en Guinée, des intérêts définis au Niger, au Tchad, au Sénégal, au Zaïre, en Centrafrique ou même en Angola, le champ à couvrir par les avions de reconnaissance et de combat de l’armée française est vaste. Et il ne s’agit pas seulement de préserver ces intérêts pour le long terme, mais surtout, peut-être, d’organiser la production. Les découvertes existantes et potentielles étant largement supérieures aux besoins de la consommation, il faut limiter le rythme d’ouverture de nouvelles mines, malgré les pressions des insouciants responsables des pays possesseurs de gisements africains. Les documents internes du «Cartel de l’Uranium» narrent par le menu quels artifices les responsables français ont dû employer pour limiter la production du Niger. Mais aujourd’hui, plutôt que de perdre ces intérêts dans les nouveaux gisements en cours d’ouverture dans ces pays (la concurrence est vive avec les autres sociétés européennes et surtout américaines et japonaises), la COGEMA a dû se résoudre à prendre de nouvelles et fortes participations dans les futures exploitations, opérant par manque de capitaux ces possibilités de diversification en direction d’autres pays. Il fut difficile au gouvernement de faire revenir l’empereur Bokassa sur sa volonté de confier les intérêts miniers français dans l’uranium centrafricain à une société étrangère, tout en repoussant d’année en année la mise en exploitation du principal gisement… On connaît aussi les demandes réitérées du Mali pour la mise en valeur des gisements découverts par la COGEMA sur son propre sol. Mais la palme d’or revient au roi Hassan II qui joue alternativement Américains et Français (et même parfois les Soviétiques) pour l’exploitation de l’uranium contenu dans les phosphates, en échange d’un appui diplomatique et militaire dans la guerre qu’il mène au Sahara occidental, son fils suit ses traces.
Des clauses contractuelles favorisant les compagnies françaises Les accords portant sur l’exploitation de l’uranium dans le tiers monde ont ceci de commun:
– aucun retour financier minimum dans le pays hôte;
– aucun contrôle du pays hôte sur le développement de l’exploitation (rythme d’exploitation des mines, clients);
– pas de liens avec le reste de l’économie du pays hôte;
– absence de contrôle sur les effets sanitaires et écologiques de l’extraction et du traitement du minerai.(lire article Y.Mérabet ‘Le Quotidien d’Oran’ du 07/10/2008).
Au Gabon, un des derniers accords de recherche et d’exploitation qui a été signé (permis de Boué entre l’État gabonais, la COGEMA et Union Carbide Corporation), l’opérateur a eu des facilités inouïes:
– exonération de taxe pendant 7 ans;
– droits de douane et redevance limités à 50% de la production;
– 10% de participation dans le projet pour le gouvernement, etc.
Cet accord est semblable à celui conclu pour l’exploitation du gisement de Mounana avec la CFMU et la COGEMA. Mais c’est à l’État gabonais d’investir pour la construction du chemin de fer, «le transgabonais», qui permettra d’apporter les matières premières nécessaires à l’exploitation et au traitement du minerai, une manière néo-colonialiste d’endetter l’Afrique.
Au Niger, les clauses communes aux différents contrats d’exploitation sont:
– les compagnies payent toutes les dépenses de recherche, mais le gouvernement doit payer au pourcentage de sa participation (de 30 à 50% suivant les cas) les dépenses de développement et d’exploitation, soit cash, soit en empruntant aux compagnies intéressées. En retour il dispose du même pourcentage de l’uranium produit, dont les acheteurs fixent le prix et ne sont autres, en général, que les compagnies impliquées dans l’exploitation (La Lybie semble s’immiscer dans ces genres de transactions louches);
– enfin, il existe une clause qu’en général les pays du tiers monde refusent d’accepter lors de la négociation de leurs contrats, qui garantit aux compagnies minières qu’au cas où d’autres compagnies devraient recevoir des clauses plus favorables dans le futur, celles-ci s’appliqueraient aux contrats précédemment conclus. La COGEMA, première sur le terrain, dispose quant à elle de la «clause de la compagnie la plus favorisée».
Un endettement forcé
Le Niger s’est engagé dans un développement de plus en plus soumis aux fluctuations des cours de l’uranium, avec un endettement croissant pour financer l’exploitation de cette matière et des investissements des installations.
– remboursement de ses primes de participation dans l’exploitation;
– emprunt de 700 millions (35 milliards de francs CFA, en 1980) pour la construction du chemin de fer qui relie Cotonou à Arlit, etc.
– achat d’un avion Boeing 737 pour transporter l’uranium vers l’Europe (14 millions de dollars);
– construction d’une centrale thermique au charbon près d’Arlit, pour approvisionner la cité minière et les unités de production en énergie;
– et, en projet, construction d’un aéroport international et d’une base militaire en liaison avec l’ouverture de la SMTT, où la COGEMA détient 50 % des parts; etc.
L’essentiel des matières premières nécessaires à l’extraction de l’uranium est importé. Par exemple, le soufre pour la fabrication de l’acide sulfurique, solvant de l’uranium, vient du gisement de Lacq en France. Pour produire une tonne d’uranium, 30 tonnes de matériaux divers sont ainsi importées, ce qui nécessite un va-et-vient de camions sur un trajet long de 1.700 km! Dépendance voulue par la COGEMA, qui s’est longtemps opposée au projet nigérien d’exploitation d’un gisement charbonnier et à la construction d’une centrale thermique adjacente pour alimenter la cité minière d’Arlit, préférant les importations de fuel qui pèsent si lourdement sur les économies du tiers monde. préserver ces intérêts pour le long terme, mais surtout, peut-être, d’organiser la production. La COGEMA a un contrat d’approvisionnement de 1.000 tonnes par an à partir de l’Afrique du Sud, en échange duquel elle investit dans le développement des mines d’uranium de ce pays. D’autre part, ce sont de très grandes quantités de ‘boue jaune’ qui arrivent en France en provenance d’Afrique pour y être transformées et enrichies pour obtenir du ‘Plutonium’ avant d’être réexportées vers tous les coins du monde l’Europe ; Inde, Israël, Pakistan, Afrique du Sud, Corée du Nord, Chine, Iran, Egypte et, dit-on aussi vers l’U.R.S.S. Faudra-t-il continuer à l’Afrique de développer une activité économique prohibée. La prochaine décennie au Moins: 70% de la production sont concentrés dans cinq pays africains, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le Canada, I’Australie, dont 52% entre la Namibie, le Niger, le Gabon et, l’Algérie, le Maroc et le Sahara Occidental pour l’uranium à base de phosphates. Et il faut entre dix et quinze ans pour réaliser la mise en production de nouvelles installations d’extraction et de traitement de minerai d’uranium sur des gisements repérés. La seule exception concerne le Maroc, où l’on pourrait extraire dans un délai de quelques années un important tonnage d’uranium à partir de phosphates, car il s’est préparé de bonheur avec l’aide de la France. Le gouvernement français serait contraint de poursuivre la livraison d’armes au Maroc pour sa guerre au Sahara occidental tout en rejetant les résolutions de l’ONU pour son autodétermination en échange de l’uranium hautement stratégique contenu dans ses phosphates. Le feu roi Hassan s’en est déjà assuré. Le 1er juin, lors d’une conférence de presse, parlant de Mitterrand, il déclarait: «Il n’y a pas à craindre qu’il arrête les ventes d’armes. La France honorera ses engagements. (…) Nous lui fournissons l’uranium extrait des phosphates. La France construit des centrales nucléaires.. nous fournissons de l’uranium à partir des phosphates, la France construira des centrales nucléaire à ceux qu’ils en veulent et les approvisionnent en ‘plutonium.»
Enfin, la France maintient toujours de fortes pressions économiques et militaires sur les pays d’Afrique, pour continuer à exploiter les mines africaines et exporter centrales et plutonium des pays comme la Corée du Sud (contrat de 13,7 milliards de F, rien que pour l’uranium!), Israël, le Pakistan et l’Inde. Serait-ce là les nouvelles relations Nord-Sud?
Conclusion
Continuer la politique nucléaire française en Afrique ressemblerait au choix du tout pétrole en Algérie… Elle impliquerait aussi le risque, en cas de déstabilisation du Niger, de retomber sous la domination d’un Cartel de multinationales plus modérés pour l’approvisionnement en uranium ou de tomber sous le couplet d’une OPEP africaine de l’uranium.
Expert en énergie

Algerian Society For International Relations
Lire le Quotidien d’Oran du06/07/2009

Algérie – Déchets radioactifs de la mine d’Arlit : Les retombées radioactives devant nos portes

Des gisements d’uranium sont exploités à moins d’une centaine de kilomètres de la frontière algéro-nigérienne par deux compagnies françaises dans la région d’Arlit au Niger. L’émanation des poussières radioactives et du gaz radon-222, poussés par les vents du Sud, traversent les frontières et se dispersent plus particulièrement sur une grande superficie du Sud algérien, détruisant pour toujours le système écologique.

Cette émanation toxique tue les hommes, la flore et la faune, sur une échelle plus grande que les restes des essais nucléaires français au Sahara. L’uranium du Niger est seulement indispensable au programme électronucléaire massif de la France, mais surtout pour la fabrication d’armes nucléaires, qui sont prohibées pour certains et permises pour d’autres.

L’uranium du Niger, une fois traité sur site et délesté de ses déchets radioactifs, représente 96,5% du volume de minerai extrait, le ‘yellowcake’ (concentré de minerai jaunâtre), une part est transportée vers le Libye par Agadez, le reste est acheminé au Bénin jusqu’au port de Cotonou. Ce qui est inquiétant, c’est l’existence de la mine elle-même, car elle restera pour l’éternité une grande source d’émanation de la radioactivité, tuant à petit feu les populations d’Afrique (voir tableau 1).

Libéré en grande quantité par l’activité minière et les déchets radioactifs, le gaz radon-222, élément radioactif, qui peut parcourir des milliers de kilomètres en quelques jours sans jamais s’éloigner de la surface du sol, à cause de sa densité et la pesanteur. Le radon s’émane aussi en grande quantité des montagnes de résidus radioactifs, qui jonchent auprès des mines et aussi par les cheminées d’aération de la mine.

A Arlit, une montagne de 15 m de haut sur une superficie de 85 hectares de surface et d’un volume de 12,5 millions de tonnes de résidus radioactifs est soumise au gré des vents qui transportent ses poussières sur des milliers de kilomètres. Sur le site de la mine d’Arlit, des mesures faites clandestinement par des ONG européennes donnent une teneur moyenne de 49 000 Bg/kg pour le thorium 230, 57 000 Bg/kg pour le radium 226 et 54 000 Bg/kg pour le plomb 210, soit une radioactivité totale supérieure à 500 000 Bg/kg, si l’on ajoute la contribution des 14 descendants de l’uranium (voir tableau 1). Laissés à l’air libre, la poussière de résidus radioactifs et le gaz radon-222 sont emportés par les vents dominants, soufflant du sud vers le nord, jusqu’en profondeur du territoire algérien.

A Tamanrasset comme à Adrar des morts suspectes dues à l’irradiation radioactive ont été enregistrées, la plupart des habitants du Sud algérien portent un cancer des poumons, les enfants dès leur jeune âge souffrent des difficultés respiratoires, les services sanitaires ont relevé sur la population des signes de stress et de perte de mémoire, d’autres sont apparues: les cancers de la peau, les cancers de gorge, les déformations physiques, la chute de cheveux à un âge prématuré, etc.

Des mesures hasardeuses qui ont été faites dans différents sites du sud du pays se sont avérées alarmantes et quelques fois elles dépassent largement le seuil de radioactivité admis pour l’homme et la nature. Les désastres dans l’environnement L’émanation des nuages toxiques et radioactifs de la mine d’Arlit, sur les régions touristiques classées patrimoine national, mérite plus qu’une attention particulière de la part des autorités algériennes entre autres le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire qui fait la sourde oreille aux alarmes sur les calamités qui rongent notre pays.

L’AIEA a le plein pouvoir des Nations unies pour contrôler l’exploitation anarchique des mines et sa destination, mais aussi de s’inquiéter des conséquences environnementales dramatiques qui s’abattent sur les pays d’Afrique limitrophes aux sites miniers d’uranium. Le radon-222 obtenu par la décomposition de l’uranium U-238 est extrêmement nocif pour la faune, la flore et le monde animal.

Dans le Hoggar, les arbres, les petites et les grandes herbes ont disparu, le sol nu est devenu stérile pour longtemps: l’irradiation radioactive est pour une grande part dans le changement climatique de notre planète. Cette agression de la nature par l’homme riche a des répercussions négatives sur la vie économique de la contrée, les habitants de l’extrême sud survivant que de l’élevage chamelier et caprin et du tourisme, ces deux activités sont complètement effacées à cause de la disparition de la nature causée par les émissions de la radioactivité de la mine d’Arlit au Niger.

Des conséquences dramatiques sur le site de la mine Pour ce qui est sur le site, le traitement du minerai exige l’usage de produits chimiques toxiques: ammoniaque, acide chlorhydrique, kérosène et eau oxygénée. Ces substances sont systématiquement déversées dans l’environnement qui engendre des réactions chimiques donnant des résultats épouvantables de toxicité. Le plus grand risque pour l’environnement est dû aux résidus miniers laissés par le broyage et le traitement du minerai d’uranium.

Ces résidus conservent 85% de la radioactivité du minerai d’origine sous forme de produits de désintégration qui se régénèrent sans cesse. Pour extraire le minerai, il faut décaper de grandes surfaces aux alentours de la mine qui vont rester stériles pendant toute la vie de la terre à cause du dégagement en surface du radon. Les tas de résidus miniers contiennent également des matières chimiques toxiques: acides, arsenic, nitrates et métaux lourds, où pendant la saison des pluies l’eau chargée s’infiltre dans la nappe phréatique et la pollue.

Lorsqu’il se désintègre, l’uranium émet de l’énergie et se transforme en substances diverses qui se désintègrent à leur tour, tout en produisant de l’énergie radioactive (voir tableau 1). Ces matières émettent des radiations de faible intensité capables de pénétrer les cellules et de modifier les molécules nécessaires à un fonctionnement normal du corps. Les effets nocifs des radiations atomiques: cancer, leucémie, problèmes de reproduction, troubles génétiques et troubles de la vision sont les maladies les plus propagées par la radioactivité.

Ambiguïté sur les chiffres communiqués par l’AIEA Les mines du Niger sont exploitées par deux compagnies françaises : La SOMAIR (Société des Mines de l’Aïr, créée en 1968) qui exploite l’uranium par carrière à ciel ouvert dans des gisements à une teneur

de 3 à 3,5 kg par tonne. Sa production actuelle est de 1.400 tonnes par an, elle en a extrait plus de 51.000 tonnes. La COMINAK (Compagnie Minière d’Akouta, créée en 1974) qui exploite d’autres gisements à une teneur de 4,5 à 5 kg d’uranium par tonne par travaux de galeries, elle produit 2.300 tonnes par an, elle a extrait plus de 68.000 tonnes. D’autres mines découvertes ne sont pas encore exploitées. Ces deux compagnies sont des filiales du groupe français AREVA-COGEMA, qui détient 63,4% du capital de la SOMAIR et 34 de celui de la COMINAK, le reste est partagé entre l’ONAREM (Etat du Niger), OURD (Japon) et ENUSA (Espagne).

Ces compagnies françaises produisent plus de 3700 tonnes d’uranium par an, soit 11% de la production mondiale. L’extraction de l’uranium du sol nigérien assure 70% des rentrées en devises du pays, alors que la population ne bénéficie presque de rien de cette drôle d’aubaine, juste de quoi acheter leur linceul. La présence française est contestée par toute la population autochtone pour son comportement néo-colonialiste et raciste dans les camps de la mort. Les compagnies françaises d’extraction de l’uranium au Niger sont très influentes sur le gouvernement nigérien, sur la vie politique du pays.

Cependant, la population du Niger compte parmi les gens les plus pauvres de la planète qui travaillent dans un environnement parmi les plus mortels qui soient pour fournir de l’énergie aux nations les plus riches et alimentent leurs bombes par le combustible nucléaire qui sera utilisé contre eux. La France exploite aussi plus de 7 mines sur son territoire, produisant 1400 tonnes d’uranium/an, au total elle produit 5100 tonnes d’uranium avec la mine d’Arlit.

Selon l’AIEA, la France possède 59 réacteurs nucléaires en service pour produire de l’électricité. Ces réacteurs répartis sur 19 centrales nucléaires produisent 80% de l’énergie électrique française, évaluée à 63 gigawatts (1 milliards de watts). Les Etats-Unis possèdent 104 réacteurs en service développant une puissance totale de 99 GW, le reste du monde produit 208 GW. ——————————————————————————– * Conseiller sur les questions de l’énergie Association Algérienne des Relations Internationales

Synthèse de l’article – Equipe Algerie-Monde.com

D’apres Le Quotidien d’Oran. Par Y. Merabet. Le 6 octobre 2008.

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